The Day I Became A God
Série Animation

The Day I became a god

ATTENTION SPOILS.

The Day I Became A God c’est l’histoire d’un garçon assez lambda nommé Yōta Narukami qui rencontre une fille, Hina. Cette fille arrive avec un pouvoir comparable à l’omniscience et va totalement changer la vie du garçon.

La série est composée de 12 épisodes et scénarisé par Jun Maeda, connu pour d’autres œuvres comme Clannad ou plus récemment Charlotte que j’ai apprécié. Une parenthèse sur Jun Maeda qui s’il est un auteur connu est aussi connu pour la tristesse de ses récits et de mon point de vue un certain art du twist, du retournement de situation.

Le défaut principal

Alors oui il y a bien un défaut qui peut déranger. J’ai parlé de twist plus haut et on peut également considérer 2 parties dans cet animé. Cette division entre les 2 parties arrive pour moi peut-être un peu tard. Ou la première partie est trop longue et mériterait à être raccourcie légèrement. Car il est vrai que si cette partie permet de poser les bases de l’histoire, elle dure tout de même plus de la moitié de l’animé. Toutefois, la commande était sur 12 épisodes par conséquent il fallait que cela dure 12 épisodes. Est-ce que c’est ce format qui a emmené ces longueurs ? Ou est-ce un certain sadisme de la part du scénariste pour ceux qui sont connaisseurs de Jun Maeda et qui s’attendent à ce twist ? On ne le saura jamais. Toujours est-il que c’est un défaut que j’ai ressenti mais ayant vu Charlotte du même scénariste, je me doutais qu’il y avait quelque chose au delà. Et je n’ai pas été déçu.

Fracture

Dans Charlotte, la fracture a lieu assez tôt dans l’animé. A l’époque je ne connaissais pas du tout Jun Maeda et j’avoue que le changement d’ambiance m’a choqué dans le bon sens du terme. Clairement je ne m’y attendais pas et j’ai vraiment été agréablement surpris par le développement d’une toute nouvelle intrigue. Dans The Day I Became a God, cette fracture a lieu bien plus tard, nous laissant le temps de nous imprégner des personnages et de toute la galaxie autour de nos deux protagonistes. L’ambiance y est plutôt joyeuse même si quelques miettes de pain nous sont données au fur et à mesure de l’histoire et nous maintiennent en alerte. Jusqu’à la fracture. Celle-ci a pour mérite de déconstruire totalement l’ambiance qui était mise en place. On passe d’une ambiance joyeuse avec quelques pointes de nostalgie par-ci par-là à un combat désespéré et urgent pour la survie de l’âme des personnages. Et c’est là que cela devient vraiment intéressant. Le combat de Yōta et de Hina ou plus exactement le combat qu’ils réalisent parallèlement va les amener à se retrouver à travers une élévation mutuelle dont la fin n’en sera pas le point culminant.

Il faut se débattre

Yōta a travers son périple encaisse de nombreux chocs émotionnels. Il apprend la vérité sur Hina et voit leur relation tenir sur un fil tandis que la réalité symbolisée par la rencontre avec les adultes lui montre une réalité qui est sordide et qui nous montre que l’oubli et le déni sont des solutions à un combat éreintant, harassant. Cette vision nous met en porte-à-faux de nos propres valeurs. Nous pouvons être naïfs et nous dire que c’est possible d’affronter cet obstacle mais au fond nous n’en savons rien car nous ne sommes pas capables d’en déterminer l’investissement que cela va nous amener à réaliser. Et c’est bien là le problème car dans The Day I Became a God c’est ce genre de combat qui est capable de détruire toutes vos perspectives de futur, vous ordonnant de vous donner corps et âme pour cette cause qui va vous consumer. Un moment qui m’a marqué est la discussion entre Yōta et le père biologique de Hina. Ce dernier lui explique que sa situation ne serait compréhensible que si Yōta la vivait et dans ce cas là seulement il pourrait comprendre. Yōta évidemment réagit avec véhémence et c’est plutôt normal car ce comportement est en partie inhumain. Et je dis bien en partie car si le père veut rester dans sa zone de confort, une autre partie de lui qui est bien existante ne pense pas être capable de supporter à 100% l’enfant, ou n’est tout simplement pas sûre que cela soit le meilleur choix de vie pour tout le monde. Dans The Day I Became a God, je pense que c’est tout de même l’égoïsme qui prime mais qu’en est il dans le monde réel de tous ces gens qui vivent ce moment là ? Et à quel moment la combativité devient de l’obstination ? Il faut se remettre en question pour comprendre que notre choix était mauvais. Il est intéressant de voir que c’est une facette d’un thème peu abordé, le handicap, qui est emmenée d’une façon peu manichéenne mais riche en leçons. Il n’ y a pas de bons choix à cela car quelque part dans nos têtes, nous pensons que cette personne va souffrir toute sa vie. The Day I Became a God, lui, nous donne juste les différents points de vue.

Ce que veut nous montrer Jun Maeda, et je parle aussi de Charlotte, c’est que nous sommes parfois amenés dans des situations qui semblent inextricables mais qui nous obligent à combattre quand bien même nous serions déjà à l’agonie. Yōta retrouve Hina mais l’état dans lequel elle est le fera vraiment douter. Celui-ci se demandera si c’est le bon choix d’amener Hina avec lui où s’il n’est pas mieux de la confier à un institut spécialisé car il n’a aucune vision à long terme sur ce qu’il veut au fond de lui.

Ayez des projets

Yōta va donc trouver les forces pour se surpasser. Il prendra du recul sur sa situation et se demandera comment il pourra aider Hina. Sa réponse est pour moi magnifique de sens car il prend la décision de s’occuper de Hina et de consacrer sa vie à l’étude de la maladie de Hina pour la soigner, mais aussi pour soigner toutes les personnes atteintes de cette maladie. Il se créé ainsi un projet sur le long terme avec des jalons (études, recherche, etc) et sa perspective du futur en devient, tout à coup, claire, limpide.

En parallèle, Hina se bat sur le plan physique mais également mental car elle veut se souvenir de Yōta. Si au début elle est réticente à cause de son traumatisme, elle ouvrira peu à peu son cœur au jeune garçon et finira par se remémorer des bribes du passé, ainsi que son amour pour lui. C’est d’ailleurs ce qui va la sauver du naufrage de son âme.

Une scène très représentative de leur combat mutuel pour s’élever également: lorsque Yōta doit quitter l’établissement, Hina malgré sa condition physique et malgré le froid tente de le rejoindre mais elle n’arrivera qu’à la moitié du chemin. Yōta voyant la scène se met à courir aussi, niant totalement les conséquences (des gardes autour de lui) et fait lui aussi la moitié du chemin pour rattraper finalement Hina. Si c’est à ce moment qu’ils se retrouvent totalement à nouveau (ils se déclarent à nouveau leur amour à cet instant là), cela montre bien qu’il y a un chemin à parcourir avant de pouvoir se comprendre et avancer vers le même but.

Yōta et Hina.

C’est pourquoi j’ai aimé « The Day I Became a God ». Si l’amour entre les deux protagonistes grandira à travers les épisodes, c’est vraiment dans la deuxième partie que celui-ci se sublimera. A travers l’adversité, leur lien s’est aiguisé jusqu’à devenir un diamant brut. En un instant, le combat égoïste de Yōta s’est transformé en projet de vie, faisant de leur rêve une réalité.

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